
Les tentatives d'arnaque se sont installées dans le quotidien : faux emails de livraison, SMS de banque, messages d'administration, fausses urgences, liens de paiement ou pièces jointes inattendues. Le but est souvent le même : vous faire cliquer vite, donner une information sensible ou installer quelque chose sans réfléchir.
La bonne nouvelle, c'est que la sécurité web commence souvent par des habitudes simples. Voici 8 conseils concrets à partager autour de vous, en particulier si vos clients, proches ou collaborateurs reçoivent beaucoup de spams et de messages suspects.
1. Mots de passe : long, unique, mais pas impossible à retenir
Le mot de passe parfait n'est pas forcément celui qui ressemble à une plaque d'immatriculation incompréhensible. Il doit surtout être long, unique et difficile à deviner. Un bon repère : 12 caractères minimum, et plutôt 16 à 20 caractères pour la messagerie, la banque, les réseaux sociaux ou les outils professionnels.
Une phrase de passe est souvent plus agréable à retenir qu'un mot court compliqué. Vous partez d'une petite phrase que vous visualisez bien, puis vous la transformez. Exemple fictif : "Ce matin, je bois 2 cafés avant 9h" peut devenir Matin!2Cafes-9h. Pour un compte très important, vous pouvez l'allonger encore : Matin!2Cafes-9h-Pro.
L'objectif n'est pas de copier ces exemples, mais de comprendre la logique : une histoire facile à retenir, sans accents, avec au moins une majuscule, un chiffre et un caractère spécial.
- À éviter : le prénom d'un enfant, une date de naissance, le nom de l'entreprise, le même mot de passe partout.
- Longueur : 12 caractères minimum, et plutôt 16 à 20 caractères pour un compte important.
- À viser : une phrase longue, un chiffre, une majuscule, un caractère spécial et aucune information facile à trouver.
- À privilégier : un mot de passe différent pour chaque compte important.
Si vous avez du mal à tout retenir, une méthode transitoire consiste à garder une base longue, puis à ajouter à la fin un repère de 2 lettres lié au service. La logique reste simple : base commune + tiret + deux lettres du site ou de l'espace concerné. Exemple fictif : LacAnnecy!2026-Go pour Google, LacAnnecy!2026-Pa pour un espace bancaire particulier, ou LacAnnecy!2026-Im pour impots.gouv. C'est mieux que de réutiliser le même mot de passe partout, mais ce n'est pas le niveau idéal.
La solution la plus confortable reste le gestionnaire de mots de passe. Il génère et mémorise des mots de passe uniques pour chaque service. Les plus accessibles sont déjà dans vos appareils : Mots de passe Apple sur iPhone, iPad et Mac, ou Google Password Manager dans Chrome et Android. Il existe aussi des outils dédiés comme Bitwarden, 1Password, Dashlane, Keeper, Proton Pass, NordPass ou KeePassXC.
Dans ce cas, retenez surtout une chose : le mot de passe principal du coffre doit être excellent, et la double authentification doit être activée sur le gestionnaire.
2. Activez la double authentification dès que possible
La double authentification ajoute une étape de vérification après le mot de passe : code temporaire, notification sur téléphone, application d'authentification, clé de sécurité ou validation biométrique. Même si votre mot de passe est volé, l'accès au compte devient beaucoup plus difficile.
Commencez par les comptes les plus sensibles : messagerie principale, banque, Google, Apple, réseaux sociaux, outils de travail et espaces clients qui contiennent des données personnelles. Pour beaucoup de personnes, la boîte mail est le compte à protéger en premier, car elle permet de réinitialiser les mots de passe des autres services.
Vous pouvez utiliser des systèmes connus comme Google Authenticator, Microsoft Authenticator, les codes de vérification intégrés dans Mots de passe Apple, ou une clé physique type YubiKey pour les usages avancés. Si vous disposez d'une adresse email ou d'un compte hébergé chez Infomaniak, l'application Infomaniak kAuth permet aussi de valider les connexions avec une notification ou un code temporaire.
Pensez à enregistrer les codes de secours fournis lors de l'activation. Ils servent à récupérer l'accès si vous perdez votre téléphone.
3. Vérifiez l'expéditeur avant de cliquer
Un logo connu ne suffit pas. Avant d'ouvrir une pièce jointe ou de cliquer sur un lien, regardez l'adresse exacte de l'expéditeur. Les emails frauduleux utilisent souvent une adresse étrange, une faute discrète, un nom de domaine approximatif ou une formulation alarmiste.
Au moindre doute, ne répondez pas au message. Passez par un canal officiel : application mobile, site saisi manuellement dans le navigateur, numéro de téléphone déjà connu, ou contact habituel.
4. Méfiez-vous des messages qui créent de l'urgence
"Votre colis est bloqué", "votre compte sera suspendu", "paiement refusé", "amende à régler", "carte Vitale à renouveler" : l'urgence est l'un des leviers favoris des arnaques. Elle sert à court-circuiter votre attention.
Prenez trente secondes. Si le message vous pousse à agir immédiatement, c'est justement le moment de ralentir. Une banque, une administration ou un service sérieux ne vous demandera jamais votre mot de passe par email, SMS ou téléphone.
5. Ne saisissez pas vos informations depuis un lien reçu par SMS
Le phishing par SMS, souvent appelé smishing, imite des services connus : livraison, banque, assurance maladie, impôts, plateforme de paiement. Le lien peut mener vers une fausse page très crédible.
Si vous pensez qu'une action est vraiment nécessaire, ouvrez l'application officielle ou tapez vous-même l'adresse du site. Ne vous fiez pas au lien du message, même si le SMS semble venir d'un nom connu.
6. Gardez vos appareils et logiciels à jour
Les mises à jour corrigent des failles de sécurité. Elles concernent votre téléphone, ordinateur, navigateur, système d'exploitation, antivirus, applications et outils professionnels.
Installez les mises à jour depuis les sources officielles uniquement. Méfiez-vous des fenêtres qui apparaissent sur un site inconnu et vous demandent de télécharger une "mise à jour urgente".
7. Sauvegardez les données importantes
Une sauvegarde ne bloque pas une arnaque, mais elle limite les dégâts en cas de panne, vol, piratage ou rançongiciel. Les documents importants, photos, fichiers de travail et contenus de site web doivent exister à plusieurs endroits.
L'idéal est de combiner une sauvegarde automatique et une copie déconnectée, par exemple sur un disque externe rangé après usage. Une sauvegarde toujours branchée peut aussi être touchée en cas d'infection.
8. Signalez, bloquez et parlez-en
Quand vous recevez un spam, un SMS frauduleux ou une tentative d'hameçonnage, ne restez pas seul avec le doute. Signalez le message, bloquez l'expéditeur et prévenez les personnes concernées si une identité est usurpée.
La sécurité devient plus forte quand elle circule. Partager les bons réflexes dans une entreprise, une association ou une famille permet d'éviter qu'une autre personne tombe dans le piège.
À retenir
La sécurité web ne demande pas forcément de devenir expert. Les meilleurs premiers réflexes sont simples : mots de passe uniques, gestionnaire de mots de passe, double authentification, vérification de l'expéditeur, prudence face à l'urgence, mises à jour et sauvegardes.
Pour aller plus loin, vous pouvez consulter les ressources officielles de Cybermalveillance.gouv.fr, leur fiche sur les mots de passe, et les recommandations de la CNIL sur les mots de passe.
Envoyez-moi le contexte sans cliquer sur le lien suspect. Je peux vous aider à identifier les premiers signaux de risque.
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